Tout commence avec l’achat exceptionnel d’une voiture tout-terrain qui sort de l’ordinaire québécois. Pas de Winnebago oversize ou de truck-camper pratique mais trop lourd. Juste l’idée profonde de rouler partout, sans embûches, et pouvoir sortir d’un trou de sable sans se faire chier. Mais surtout, une machine pas de rouille, et fiable. Nul autre que le fameux Toyota Landcruiser 1999 series 70, directement importé du Japon.
Mon copain (Karl) et moi (Erika) habitons la Gaspésie depuis quelques années. Étant grand fan de snowboard, cet endroit où on ride avec un grand sourire aux lèvres nous a, sans mentir, laissé sur notre faim dans les dernières années. Disons que mère nature nous joue des tours ! On a donc décidé cet hiver 2026, de troquer la poudreuse et le vent salin pour les tacos, la chaleur et les vagues.
Une planche de plywood 60$ (un plywood select quand même) et une remise à neuf des suspension plus tard (4000 $) on est ready to go. Notre but de l’hiver: allez apprendre à surfer dans l’sud, tsé en bikini. Étant déjà bien adepte du SUP surf et le pratiquant en wetsuit dans l’eau froide gaspésienne, j’ai voulu me donner un défi en délaissant mon confort, en apportant seulement une planche de surf, pas de SUP. On part donc avec le surfboard Malibu 7’2” & le Classic Longboard 8’4” de Taiga Board.
Bref, se rendre mainland Mexique en roulant par la Basse-californie assez rapidement est le planning. Mais tsé, les plans, c’est rare que ça change pas. Départ 8 janvier 2026; on aime bien le 8, c’est signe de chance. Comme il fait -25 à ce moment au Québec et qu’on est équipé plutôt pour des petites nuits fraîches au Baja, on veut limiter le temps passé aux États-Unis. Ahhh et aussi parce que tout coûte cher. Direction la Floride, pour ensuite traverser d’Est en Ouest, et traverser la frontière au sud de la Californie. On a appris à nos dépens qu’en janvier, il ne fait pas bin chaud au sud des USA. Des nuits à -4, dans la tente de toit. On a beau aimer l’hiver, mal chaussé, c’est plus dur ! Arrêt à Big Bend National Park (Texas) & White Sands National Park (New-Mexico), deux merveilles à visiter en chemin. Le désert, des petits cactus à perte de vue, la sécheresse. Mets la playlist Spaghetti Western pendant que tu roules, tu vas te sentir comme un vrai cowboy dans les films de Clint Eastwood.
On arrive à Baja finalement 2 semaines plus tard, pis dans l’Nord, y fait toujours pas très chaud la nuit, mais entre ça et les -25 de Montréal, le choix est facile ! Direction les fameuses 7 sisters, du Nord au Sud, mais pour ça, il faut faire des provisions; en nourriture et en diesel. En arrivant au dernier village avant l’entrée de ce qui sera notre plus longue section de offroad du voyage (170 km de roche, de pitch pas possible, d’angle et de poussière, de trous, de crevasses, de cactus….) Il n’y a malheureusement pas de station d’essence comme prévu. De peine et de misère, on déniche un ou deux bidons de diesel qu’un gars siffone vers notre char, la gueule pleine de gaz, avec le plus grand des sourires! On partage cette partie du voyage avec deux autres véhicules, Thom à bord de son Toyota Hilux Surf et un couple de la suisse allemande qui font le GRAND voyage, jusqu’à Terre de feu avec leur classique Defender.
Trois à quatres jours plus tard, on arrive au début des 7 sisters, mais le swell n’était pas au rendez-vous avant le surlendemain. C’est un endroit rempli de californiens, dans tout genre de setup de campeurs, qui attendent avec impatience que ça rentre! Disons que les dernières semaines n’ont pas été fructueuses. Et nous aussi, on avait hâte d’aller à l’eau! Le matin venu, disons que les conditions n’étaient pas des plus faciles pour apprendre, mais en revanche, ô combien agréable à regarder !
On se pose finalement quelques jours (fiou) dans le village de Santa Rosalilita, où on est seuls au monde sur une plage où des vagues cassent à la pointe. Ces jours de repos bien mérité nous ont permis d’essayer d’apprendre à surfer, lire et prendre du soleil enfin!
Vous expliquez l’énergie ressentie en étant aussi loin sur cette presqu’île désertique est pratiquement impossible. Deux points à surfer dans ce micro-village: extrémité sud et extrémité nord, 4 x 4 recommandé, wetsuit aussi! Sans oublier El cactus café!
Prochain spot sur la map: El conejo, à Baja Sur, un ami nous l’avait fortement recommandé comme étant une vague à laquelle il rêve encore! C’était en effet un endroit magnifique, mais avec encore plusieurs surfeurs en attente de swell, et le vent n’était pas en notre faveur. Quelques tentatives à l’eau pour finalement se dire; “ouin, la chaleur du Mexique nous appelle!” et juste avant de quitter, alors que Karl taille du bois avec ses nouveaux couteaux, il passe droit et s’ouvre la main assez profond ! Pas de point de suture, mais pas de surf pour au moins 2 semaines le temps que ça guérisse !
On en profites pour faire la route jusqu’à La Paz, déguster un VRAI bon café à l’américaine, se remplir de tacos avec son bar à sauces piquantes sur le Maleçon où débute le fameux Carnaval de la Paz. On prend ensuite le bateau cargo jusqu’à Mazatlan, où on est stationné dans les deux derniers pieds carrés du pont, sans air frais, à respirer l’essence des truckers qui laisse rouler toute la nuit, une bonne dose de cancer pour les poumons, ça change de l’air salin!
En déposant les pieds au Mexique, on passe du désert où la sécheresse domine, à un climat tropical humide, une forêt luxuriante et de l’agriculture à perte de vue. Rien à voir avec ce qu’on venait d’expérimenter! Villes aux bâtisses colorées, villages aux chemins de terres, la vrai pauvreté, on l’expérimente enfin, surtout qu’on opte pour les routes non-payantes; ça nous fait voir LE Mexique. Nous qui aimons le bord de mer, on cherche assez rapidement des endroits pour dormir sur le bord du Pacifique. Un soir, on tombe sur une pointe, playa tortugas d’un côté, marais rempli de crocodiles de l’autre, plantation de palmiers gigantesques, on dit let’s go ! En roulant sur la plage au sunset, on débouche dans un autre monde: des Villas à la Willy Wonka pour les millionnaires qui cherchent à escape quelque part une semaine par année. On se dit qu’au moins, on est en sécurité!
On poursuit notre route vers le sud, où on passe une autre nuit sur la plage d’un vieux resort abandonné et délabré. Imaginez le clash.. plage paradisiaque, restaurants directement sur la plage, mais PAS UN CHAT. On s’endort avec une petite crainte de ne pas se réveiller le lendemain aha !
Ce fameux lendemain, finalement, direction La Ticla, un petit village dans l’État du Michoacan. Étant sur des terres autochtones, cet endroit reste encore à ce jour non-développé, ce qui crée la magie du spot: vibe chaleureuse, camping simple directement en face des vagues, des restos authentiques à proximité où partager des Quesederia, des Tacos et des sunsets. C’est ici que notre route s’arrête, on a trouvé notre spot.
La routine qu’on a tant voulu est à portée de main; surf le matin, café, sieste dans un hamac, surf le soir…
Mais juste avant, la vie n’en a pas fini avec Erika qui a juste hâte de mettre les pieds à l’eau en bikini. Un début d’infection avait fait son apparition les jours précédents. Arriver à la Ticla, mon corps m’a un peu abandonné! J’ai donc pris des antibiotiques pour combattre l’infection, et un virus inconnu m’a achevé pendant encore 7 jours. Mon tanning à prit du retard, mes skills de surf aussi!
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De retour à la position verticale et non horizontale, on commence notre longue courbe d’apprentissage de ce fameux sport qui est probablement un des plus durs à apprendre! Pendant 10 jours, on apprend à lire les vagues, comprendre les vents spécifiques à cet endroit, nos précieux amis nous coachent, on réussit à prendre quelques vagues, avoir du plaisir mais aussi parfois à faire couler quelques larmes.
Entre quelques paletas tropicales, tamales, yogourt de coconut maison, séance d’étirement, abondance de fruits tropicaux, sieste de hamac en PM parce la chaleur te rends complètement légume, des liens solides se créent avec des humains qui viennent vivre le même trip. Revenir à la simplicité, s’imprégner de l’énergie de la mer, sans se poser 1 million de questions. Finalement, tout ce voyage aura été pour environ 10 jours de surf, avant que le compte en banque nous rapporte à la réalité!
Le voyage, c’est définitivement pas avec des attentes qu’il faut l’aborder, mais plutôt avec ouverture. Les odeurs, les saveurs, les inconforts, la fatigue du roadtrip et des nécessités de la vanlife et du setup comme le nôtre nous rappellent comment l’air pur de la Gaspésie nous manque ! Finalement, c’est bin moins compliqué mettre un wetsuit et descendre en bas de chez nous!
Sans blague, le Mexique est un pays immense et à découvrir, mais nous n’avons pas eu le temps et l’occasion de le vivre pleinement. Nous sommes comblé d’avoir mis les pieds dans le Pacifique, et maintenant de se rediriger vers l’Atlantique!